Naâman a fait exploser l’Olympia, en famille

Pour la première fois de sa jeune carrière, Naâman se produisait jeudi 29 septembre à l’Olympia. Dans la mythique salle parisienne, le Dieppois a fait étal de tout son talent.

naaman

“Mais quel patron !” Cela ne fait pas une heure que le show est lancé, quand mon voisin de derrière hurle ceci à sa partenaire du soir. Naâman vient d’achever International Love, et s’apprête à enchaîner sur Chill Out, reprise en choeur par le public, qui a suivi l’invitation au voyage lancée par le Normand.

À quel moment, de toute façon, le public n’a-t-il pas suivi les envolées de l’homme de la soirée ? Chaque slogan, chaque mot prononcé par Naâman est validé d’un « yeaaah », puis scandé par une foule au bord de l’implosion. Les “Naâman, Naâman, Naâman”, beuglés pendant le court entracte de 20 minutes qui séparait la première partie du show, étaient déjà une bonne indication de la ferveur des 2800 spectateurs de l’enseigne aux néons rouges.

“Dans ce genre l’événement, le spectacle ce n’est pas nous, c’est vous”, balance Naâman à la fosse avant de lui demander de chanter House of Love, ce qu’elle fait sans se faire prier. C’est le tube qui a fait connaître la musique du Dieppois à beaucoup des jeunes présents. C’est le cas de Tristan, 18 ans, qui deux heures plus tôt attendait encore, scotché aux barrières restreignant l’accès à l’Olympia. Il est arrivé à 14 heures, mais son pote « Benoît est arrivé avant, à midi”.

Benoît, 17 ans, est venu accompagné de Mélissa, 22 ans. Attendre 8 heures pour voir Naâman une quatrième fois, ça ne leur fait pas peur. Et pour cause : “On est allés le voir au Reggae Sun Ska à vélo, on a fait 620 kilomètres en pédalant pour lui !” Devant l’incrédulité de l’assistance, ils promettent : “Allez voir sur Facebook, tapez Bike trip Sun Ska, vous verrez !” Et les deux jeunes ne mentent pas, ils ont bien grillé leur Skanking Shoes sur les 620 bornes qui séparent Paris de Bordeaux.

Et c’est sur ce morceau, rituel des deux dernières tournées, que Naâman va définitivement faire chavirer l’Olympia. À cinq titres de la fin du show, il fait littéralement exploser la salle pour “le dernier scoopomètre de l’Hexagone”. La tradition, qui veut que le public devienne “complètement mad”, a vécu. Elle a été enterrée par les grands coups de serviette en l’air donnés par Fatbabs, le beatmaker, aidé de Paul, petit frère de Naâman, scoopojuge pour l’occasion. Paris l’a-t-il définitivement emporté ? Au vu de l’énergie déployée hier, l’Olympia est le grand vainqueur. Mais Fatbabs est-il d’accord ? Et Paul ?

Skanking Shoes n’est pas le seul morceau qui a fait trembler les murs de l’Olympia hier soir. Après un petit riff de guitare électrique de Badman, Naâman lance Those Rays, véritable figure de proue de l’album Rays of Resistance. Il est rejoint sur scène par Nemir, avec qui il éclaire l’Olympia, dont tous les visages deviennent “des lumières quand le ciel est gris”.

Mercredi, veille de l’Olympia, en rodage dans les locaux du studio Luna Rossa, Naâman se bornait à parler “de surprises” pour le lendemain. Pas question de dévoiler que Sara Lugo ou Dub Inc monteraient sur scène. Le duo de Saint-Étienne, est venu chanter Don’t be a Victim. Le featuring est sur So What, sixième album des vétérans du reggae, tout juste sorti. Ils ont aussi profité de la fin du concert, en guise d’interlude à un Outta Road déjanté, pour entonner My Freestyle, l’hymne ultime de tout fan de reggae français qui se respecte.

À lire aussi >> Naâman : « On n’est pas des révolutionnaires, on a que la musique »

Ceux qui ont déjà pratiqué les grands concerts de Naâman savaient, avant même d’entrer dans la salle, que la soirée de jeudi ne pouvaient se terminer sans un grand rassemblement. Ce fut le cas, lorsque chacun leur tour, Jahneration, le trio de Phases Cachées, Scars, Yellam et Def ont investi la scène, pour un We All de copains, de famille, qui a surchauffé la salle, « thermostat 7 ».

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Sur la magnifique version de Hopeful World chantée hier soir, écoutée religieusement par les 2800 spectateurs conquis, Naâman susurre “We never know until the right time comes, what’s the real purpose of our birth”. Et si transformer l’Olympia en gigantesque réunion de famille, c’était ça, la vraie raison de sa naissance ?

Pour revivre la soirée en images, rendez-vous sur le Tumblr tenu par Clack, ici.

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